La perche.

 

Le caractère peu exigeant de la perche en matière de biotope explique l'étendue de son aire de répartition. Si on la rencontre aussi bien dans des eaux dormantes que courantes, elle évite en revanche les étangs et les ruisseaux trop boueux. Elle occupe les rivières et les fleuves jusque dans leur cours supérieur. Dans les eaux saumâtres de la mer baltique par exemple, on en trouve d'importantes populations et même de gros spécimens. Elle peuple aussi les eaux de montagne, jusqu'à 1.000 m d'altitude. Le comportement de la perche, en particulier son alimentation, varie énormément avec le milieu. D'une manière générale, elle privilégie les zones aquatiques plus chaudes, profondes, un courant lent et un fond dur, tout en se déplaçant à n'importe quelle profondeur.

 

 

Les jeunes perches et celles de petite taille ont l'instinct grégaire. En ce qui concerne la taille, on remarque qu'elle est facteur de l'oxygénation et de la profondeur de l'eau. Les plus gros individus évoluent dans des milieux profonds et peu oxygénés, dans les autres biotopes, la croissance s'achève plus tôt et une perche de 10 cm de long peut déjà avoir atteint la maturité sexuelle.

 Les bancs, ceux notamment des petites perches, évoluent près des berges ou dans des zones moins profondes au dessus de surélévations du bas-fond. Les gros spécimens des eaux profondes sont plus tôt solitaires et se développent en carnassiers, n'hésitant pas à dévorer leurs propres congénères. Pour chasser, les perches se tapissent derrière des racines d'arbres ou autres obstacles, d'où elles partent à la poursuite de leurs proies. Ce n'est pas un poisson sédentaire. Malgré ses fréquents déplacements, la perche revient toujours à son point de départ, c'est-à-dire dans l'habitat quelle aura choisi pour ses bonnes condition de vie et qui détermine ses mœurs .

 

 

( Les femelles pondent leurs oeufs en rubans.)

 

En ce qui concerne les habitats de la perche, on relève un phénomène intéressant: les grands cours d'eau riches en végétation sont peuplés aussi bien de petits que de gros spécimens et tous les modes de vie y sont représentés. Il n'est donc pas étonnant d'y voir de gros individus chasser en bandes.

Quand la période de reproduction s'annonce, les perches se rassemblent au-dessus de plantes aquatiques, autour de grosses pierres ou de morceaux de bois immergés. La fraie a lieu entre mars et juin, à une température de 7 à 8°C. Une femelle pond jusqu'à 200.000 oeufs qu'elle dépose sur le fond en long rubans croisés de parfois 2 cm de large; ensuite, elle les enveloppe d'un mucus qui a la particularité de gonfler avec l' eau. Le fraie est immédiatement fécondé par plusieurs mâles. Les larves éclosent au bout de deux à trois semaines. Il s'agit d'une espèce de poisson à croissance lente, dont la taille moyenne varie entre 15 et 35 cm. On trouve également des spécimens de plus de 30 cm, mais ils ont déjà en général une quinzaine d'années; les plus gros mesurent 50 cm pour un poids d'environ 3 kg.

 

 

( Les wobblers sont de bons appâts pour les plus gros spécimens.)

 

La pêche de la perche ne pose aucun problème dans la mesure ou ce poisson mord à toutes les saisons. Néanmoins, les meilleures chances se présentent en plein été et à l'automne. Plusieurs techniques se présentent au pêcheur, mais qu'il choisisse la méthode au coup, à la posée ou à la cuiller, il lui faut un matériel de léger a mi-lourd. La robustesse du matériel est essentiellement fonction de l'appât. En matière d'appât, le pêcheur dispose d'un choix varié, il peut utiliser des cuillers, des leurres souples ou des poissons nageurs, que de la viande crue, des morceaux de poisson, des asticots ou des vers de terre. Mais d'une manière générale, il est recommandé de ne pas choisir l'appât trop petit, on sait par expérience que la perche est plus attiré par les gros appâts. On peut pêcher à des profondeurs variables. Au demeurant, la profondeur à laquelle le pêcheur fera tomber sa ligne est facteur des postes et de la taille des populations autochtones. Celui qui préfère la technique à la cuiller doit malgré tout savoir que la perche mord par à coups. Il est donc conseillé de s'équiper d'une fine empile en acier pour éviter que des brochets, également présents dans les biotopes des perches, ne devancent leurs rivales.